Groupe d'étude - Histoire de la formation des adultes 

Idées, politiques et pratiques patronales de formation (1914-1944)

Quatrième séminaire du cycle

Annulé

ETSUP, 8 villa du Parc Montsouris 75014 Paris

 

Le Centre des Jeunes patrons/Centre des jeunes dirigeants
et la formation professionnelle. Années 1950-1970

 Intervenant : Florent Le Bot

 

La séance avait été programmée en mai 2016, mais a été annulée. Elle est reprogrammée.

 

Le Centre des jeunes patrons (CJP) est fondé en 1938. Cette création s’inscrit dans le prolongement des critiques formulées à l’encontre de l’accord Matignon de mai 1936 et de sa signature par les dirigeants de la Confédération générale de la production française (CGPF).Eugène Schueller, le remuant patron de la Société française de teintures inoffensives pour cheveux (L’Oréal en 1939), en aurait émis l’idée : « Ce qu’il faudrait, au fond, c’est surtout une école pour jeunes patrons, un centre des jeunes patrons. »

 

 

Inscrit sur le créneau « Jeune », cette association patronale va très vite se préoccuper des questions de formation. Le CJP en la matière ne s’écarte pas, a priori, de la doctrine patronale qui vise au contrôle de la formation professionnelle afin d’adapter celle-ci aux besoins des économies locales. En revanche, son originalité tient à la dynamique expérimentale, encouragée au sein des entreprises dirigées par ses adhérents, qui lui fait explorer des voies inédites.

 

 

Cette dynamique fait glisser le mouvement de positions réactionnaires propres aux années 1930-1940, à des objectifs de rénovation sociale qui se traduisent y compris dans l’appellation de Centre des jeunes dirigeants adoptée en 1968.

 

 

À travers des exemples d’expériences menées en matière de formation professionnelle par des JP/JD, il s’agit d’observer l’évolution d’un mouvement de chefs d’entreprise dont l’identité détonne par rapport aux autres organisations patronales.

 

 


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Florent Le Bot, docteur en histoire contemporaine, membre de l’IDHE.S Évry, enseigne à l’Université d’Évry Val d’Essonne, où il dirige le master des métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation (MEEF) en histoire-géographie. Il est également chargé d’enseignement à l’ENS de Cachan et chargé de projets à la MSH Paris-Saclay.

 

 

Les travaux de Florent Le Bot portent sur l’histoire économique, sociale, industrielle et technique des XIXe et XXe siècles. Il a notamment coordonné le dossier « Formation, technique, et économie » in Artefact, 3, 2015, éd. du CNRS (avec G. Brucy, C. Perrin et F. Wassouni) et publié L’ENS Cachan. Le siècle d’une grande école pour les sciences, les techniques et la société, Presses universitaires de Rennes, 2013 (en codirection avec V. Albe, G. Bodé, G. Brucy et E. Chatel), ainsi qu’une version remaniée de sa thèse d’histoire, La fabrique réactionnaire. Antisémitisme, spoliations et corporatisme dans le cuir, 1930-1950, Presses de Sciences Po, 2007. Enfin, il est l’auteur de « La naissance du Centre des jeunes patrons (1938-1944). Entre réaction et relève », Vingtième siècle, n° 114, avril-juin 2012, p. 99-116.

 

 

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Séminaires précédents :

 

Troisième séminaire du cycle

mardi 21 février 2017, 15h30-17-30

ETSUP, 8 villa du Parc Montsouris 75014 Paris


Le chômage, la guerre et la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Les industriels de la région de Saint-Étienne et les tentatives d’institutionnalisation de la formation professionnelle des adultes (1914-1944)

 

Intervenant : Antoine Vernet,
doctorant en histoire contemporaine l'Université de Lyon 2, UMR Triangle


Les différentes initiatives de l’État en matière de formation professionnelle des adultes s’inscrivent, au gré de la conjoncture de la période 1914-1944, dans des orientations plurielles, mais néanmoins toutes centrées vers la question de la « pénurie » de main-d’œuvre qualifiée : cours de perfectionnement, rééducation et reclassement des chômeurs, formation professionnelle accélérée et promotion ouvrière.


Cette diversité est le fruit de problèmes spécifiques, tel l’effort de guerre ou la lutte contre le chômage. Au-delà des interactions entre ces politiques publiques et l’expression traditionnelle par les employeurs de leurs besoins en main-d’œuvre, la formation professionnelle des adultes est aussi l’objet des tâtonnements entre administrations. Il peut se révéler difficile de retrouver la linéarité de ces réalisations, sauf en partant de l’unité de base que sont les établissements d’enseignement technique, qui se caractérisent par leurs liens avec le tissu économique au niveau local.


Par sa densité d’écoles publiques et privées, et la variété de ses industries – le travail des métaux prédomine toutefois –, la région de Saint-Étienne se révèle un terrain d’étude pertinent. La réception des différentes politiques menées au cours de la période permet ainsi d’apprécier, sinon leur bien-fondé ou leur efficience, du moins le degré de compréhension par les milieux patronaux des méthodes mobilisées et, peut-être, leur utilité du point de vue professionnel à travers les discours, engagements et inerties des employeurs.

 

mardi 2 février 2016

La mise en place de la taxe d'apprentissage :
adhésions et résistances patronales en France (1925-1935)

Invité :

Stéphane Lembré, maître de conférence en histoire contemporaine,
Institut de recherches historiques du Septentrion (Irhis)

 La création dans la loi de finances 1925 de la taxe d'apprentissage, correspondant à un prélèvement proportionnel à la masse salariale de chaque entreprise et destiné à financer la politique d'enseignement technique, s'inscrit dans le contexte d'institutionnalisation de l'enseignement technique engagé avec la loi Astier de 1919. Instaurée pour financer les cours professionnels obligatoires pour les garçons et les filles de 15 à 18 ans employés dans le commerce et l'industrie et les écoles techniques, cette taxe suppose une collaboration renforcée entre les entreprises et l'administration de l'enseignement technique en pleine croissance. En s'appuyant sur le cas du Nord de la France – et en le comparant aux études existantes, notamment sur le cas lyonnais –, il s'agira de montrer les réactions différenciées des entreprises et de leurs représentants, ainsi que les relations complexes entretenues avec l'administration au sein d'une instance importante bien que méconnue, le comité départemental de l'enseignement technique.

 

Ainsi instituée par l’article 25 de la loi de finances du 13 juillet 1925, la taxe d’apprentissage est une mesure très habile qui joue des contradictions entre deux catégories d’entreprises : celles qui investissent dans la formation des salariés – ouvriers qualifiés, cadres moyens, techniciens, ingénieurs – et celles qui n’ont aucune politique de formation mais profitent de la main d’oeuvre formée par les premières. Son application fut compliquée. Elle donna lieu à de vifs débats au sein des comités départementaux de l’Enseignement technique et à de nombreux recours au niveau du Conseil supérieur de l’Enseignement technique.

 

Cette analyse comparative, proposée par Stéphane Lembré, entre deux régions économiquement importantes comme la région du Nord et la région lyonnaise, permettra d’éclairer la diversité des idées et des comportements patronaux à l’égard des questions de formation au cours de dix années (1925 – 1935) situées à la charnière de la sortie de la guerre et de la crise économique des années 1930

  

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Présentation de l'ensemble du cycle de séminaires
Coordination Guy Brucy et Catherine Arnaud

Séances:

mardi 8 décembre 2015
mardi 2 février 2016
mardi 24 mai 2016

 

Travailler sur la longue durée pour rompre avec les articulations temporelles établies et étudier un objet dont l’histoire est encore largement ignorée, tels sont les objectifs du cycle de séminaires consacré à ce thème. Quatre périodes feront l’objet de notre attention : la Première Guerre mondiale (1914-1918), les années 1920-1935, la séquence 1936-1939, la période 1940-1944.

 

Il s’agira d’examiner les conceptions, les politiques et les actions concrètes mises en œuvre par les différentes fractions du patronat français et leurs organisations, en fonction des contextes économiques, politiques et sociaux de chacune de ces séquences historiques et en fonction des spécificités des principaux secteurs d’activités. On cherchera également à comprendre comment ces différentes conceptions s’inscrivent dans les courants de pensée qui structurent les idéologies patronales depuis le XIXe siècle.

 

Ce premier séminaire, animé par Guy Brucy, s’organisera selon les trois axes suivants :

  • Un rappel méthodologique général reprendra l’essentiel d’une intervention effectuée à la Biennale de l’éducation et de la formation à Lyon en avril 2006 et publiée en 2008 sous le titre « Plaidoyer pour une socio-histoire de la formation » dans F. Laot et E. de Lescure, Pour une histoire de la formation. Certains des principes de recherche exposés dans ce texte, semblent toujours d’actualité. Il ne nous paraît donc pas inutile de les rappeler brièvement et, surtout, de préciser ce qu’il convient d’entendre par « socio-histoire ».
  • Un état des lieux de la recherche présentera les publications qui, au cours de la dernière période, ont concerné de près ou de loin notre sujet et dont Hisfora a régulièrement rendu compte. Ainsi le n° 159 des études sociales a consacré un dossier à « L’éducation industrielle et les savoirs enseignés aux ouvriers adultes en France (1800-1870) ». De même, dans leur n° 10 de 2014, Les Cahiers de RECITS ont présenté une série de textes portant sur le thème « Culture et formation des ouvriers et des techniciens (XVIIIe-XXe siècles) ». On y trouve des thématiques intéressantes comme, par exemple, celle qui touche aux rapports entre la formation et la psychotechnique dans « Les autobus parisiens et le développement pionnier de la psychotechnique (1910-1920) », ou encore, « Le paysage de la formation ouvrière chez Peugeot et Alsthom (1914-1970) ».
  • Enfin, seront esquissés quelques problématiques susceptibles de nourrir de futures recherches, et proposées pour les prochains séminaires, des interventions de chercheurs dont les travaux peuvent éclairer notre réflexion.

Lors de ce premier séminaire, il ne s’agira pas de rendre compte d’une recherche particulière, mais de poser un cadre d’analyse capable de guider la mise en œuvre des investigations à poursuivre sur ce sujet.

 

 

 


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